Hymne à la naïveté
Quand j'ai lu cet article de la chroniqueuse Sophie Durocher, j'ai eu un sourire en coin. Elle y parle d'un livre qui vient de sortir qui traite des façons "sournoises" de faire manger des légumes à son enfant. Madame Durocher ajoute qu'il n'est pas nécessaire de mettre de la purée de carottes dans le macaroni au fromage pour qu'un enfant mange des légumes. Extrait:
Bon. Certaines mamans d'expérience ont aussi déjà leur sourire en coin. Madame Durocher a un enfant de moins d'un an, il me semble. Aux purées. C'est TRÈS différent d'un enfant en plein Terrible Two, en plein Terrific Three ou en plein Fuc*ing Four. Ça, les mamans qui ne l'ont pas vécu ne le savent pas, mais nous, on le sait. Et on s'est chargé de le lui rappeler.
Mon propos aujourd'hui est que l'on s'est attaqué (bon, gentiment, quand même) à Madame Durocher parce qu'elle est naïve, parce que son enfant est jeune, parce qu'elle rêve en couleur et est sur un nuage rose (voir les commentaires du dernier lien). D'accord.
Cependant, faisons un petit effort de mémoire, mesdames, s'il-vous-plaît. Nous avons TOUTES été de jeunes mamans naïves il n'y a pas si longtemps. Nous avons toutes crues que nous ferions manger les purées les plus diverses à nos enfants pour qu'ils ne soient pas difficiles. Nous avons également toutes fait le serment de garder les coffres à jouets bien en ordre, afin de garder tout les kits de jouets complets (tout comme les casses-têtes) pour qu'ils puissent servir longtemps. Nous nous sommes dit que nous n'accepterions aucun jouet cheap. Que nous ne laisserions JAMAIS les prunelles de nos yeux manger devant la télé, même à l'occasion. Que les journées pyjamas ne seraient justifiables qu'au dessus de 39° de fièvre. Nous étions pleines de bonnes intentions.
Maintenant, nous savons qu'être une mère parfaite ET être en bonne santé mentale, ce n'est pas donné à toutes. Mais si nous n'étions pas naïves au début, si nous n'étions pas persuadées que tout irait bien, aurions nous eu des enfants? Avoir des enfants, c'est apprendre l'humilité. C'est une leçon très importante.
Nous devons toutes nous garder de juger. Ne jugeons ni les mamans qui se font enlever la garde de leurs enfants, car on connaît rarement les causes psychologiques derrière ces drames, ni les mamans parfaites ou pleines d'illusions, car elles font de leur mieux (comme nous toutes), et elles ont souvent d'autre bébittes, moins apparentes mais parfois aussi dures pour le mental. Les TOC (Troubles Obsessifs Compulsifs) font parfois des mamans en apparence parfaites, ne l'oublions pas...
Et ne jugeons pas, s'il-vous-plaît, les mamans monoparentales de quatorze enfants dont huit nouveaux-nés. D'abord, j'aimerais savoir QUI pourrait choisir un avortement sélectif dans un cas comme celui-là. Qui peut sans frémir dire qu'il sacrifierait la moitié de ses enfants pour faire vivre les autres. Quelle horreur. Ça se fait, et j'en comprend la nécessité, mais c'est un choix déchirant: comment choisir quand on se connait même pas ces enfants? Et si un de ceux qui sont choisis devient meurtrier en série, ou si on a un survivant affligé d'un handicap? Et ensuite, je trouve que pour choisir cette vie, il faut être sacrément courageux et déterminé. Ce sont encore, je l'espère, des qualités. Vous auriez fait un choix différent? Parfait, grand bien vous fasse, mais personne n'a le droit de juger cette femme ni son mode de vie.
Ne nous jugeons pas, aimons nous et entraidons nous, c'est le mieux qu'on puisse faire pour améliorer le monde et s'améliorer soi-même...
Des légumes avec de l’huile de l’olive, passés au four. Des légumes gratinés. Des légumes rôtis avec du thym et du romarin. Des soupes minestrone avec des gros morceaux rigolos. Il me semble que les possibilités sont infinies de faire manger des légumes aux enfants sans que ça soit une punition.
Bon. Certaines mamans d'expérience ont aussi déjà leur sourire en coin. Madame Durocher a un enfant de moins d'un an, il me semble. Aux purées. C'est TRÈS différent d'un enfant en plein Terrible Two, en plein Terrific Three ou en plein Fuc*ing Four. Ça, les mamans qui ne l'ont pas vécu ne le savent pas, mais nous, on le sait. Et on s'est chargé de le lui rappeler.
Mon propos aujourd'hui est que l'on s'est attaqué (bon, gentiment, quand même) à Madame Durocher parce qu'elle est naïve, parce que son enfant est jeune, parce qu'elle rêve en couleur et est sur un nuage rose (voir les commentaires du dernier lien). D'accord.
Cependant, faisons un petit effort de mémoire, mesdames, s'il-vous-plaît. Nous avons TOUTES été de jeunes mamans naïves il n'y a pas si longtemps. Nous avons toutes crues que nous ferions manger les purées les plus diverses à nos enfants pour qu'ils ne soient pas difficiles. Nous avons également toutes fait le serment de garder les coffres à jouets bien en ordre, afin de garder tout les kits de jouets complets (tout comme les casses-têtes) pour qu'ils puissent servir longtemps. Nous nous sommes dit que nous n'accepterions aucun jouet cheap. Que nous ne laisserions JAMAIS les prunelles de nos yeux manger devant la télé, même à l'occasion. Que les journées pyjamas ne seraient justifiables qu'au dessus de 39° de fièvre. Nous étions pleines de bonnes intentions.
Maintenant, nous savons qu'être une mère parfaite ET être en bonne santé mentale, ce n'est pas donné à toutes. Mais si nous n'étions pas naïves au début, si nous n'étions pas persuadées que tout irait bien, aurions nous eu des enfants? Avoir des enfants, c'est apprendre l'humilité. C'est une leçon très importante.
Nous devons toutes nous garder de juger. Ne jugeons ni les mamans qui se font enlever la garde de leurs enfants, car on connaît rarement les causes psychologiques derrière ces drames, ni les mamans parfaites ou pleines d'illusions, car elles font de leur mieux (comme nous toutes), et elles ont souvent d'autre bébittes, moins apparentes mais parfois aussi dures pour le mental. Les TOC (Troubles Obsessifs Compulsifs) font parfois des mamans en apparence parfaites, ne l'oublions pas...
Et ne jugeons pas, s'il-vous-plaît, les mamans monoparentales de quatorze enfants dont huit nouveaux-nés. D'abord, j'aimerais savoir QUI pourrait choisir un avortement sélectif dans un cas comme celui-là. Qui peut sans frémir dire qu'il sacrifierait la moitié de ses enfants pour faire vivre les autres. Quelle horreur. Ça se fait, et j'en comprend la nécessité, mais c'est un choix déchirant: comment choisir quand on se connait même pas ces enfants? Et si un de ceux qui sont choisis devient meurtrier en série, ou si on a un survivant affligé d'un handicap? Et ensuite, je trouve que pour choisir cette vie, il faut être sacrément courageux et déterminé. Ce sont encore, je l'espère, des qualités. Vous auriez fait un choix différent? Parfait, grand bien vous fasse, mais personne n'a le droit de juger cette femme ni son mode de vie.
Ne nous jugeons pas, aimons nous et entraidons nous, c'est le mieux qu'on puisse faire pour améliorer le monde et s'améliorer soi-même...


13 commentaires obligatoires (mettons!):
Et cette femme qui a eu des octuplés, qui sait si elle n'est pas hyper riche, hyper entourée de bonnes personnes et hyper bonne mère ??? Pourquoi toujours sauter aux pires conclusions ?
J'embarque dans le club des "espérons le mieux, il y a des chances qu'il arrive" !
Exact, Carton! Merci!
C' est surtout le fait que c' est très dangeureux une grossesse de 8 bébés. Ils ne sont même pas certains si ses enfants n' auront pas de séquelles permanentes.
Ouais, Gen, tu as raison sur ce point. Par contre c'est un choix à faire. Si cette mère a eu toutes les informations en main et qu'elle a pris la décision éclairée et consciente de prendre une chance et de mener tout les foetus à terme, c'est sa décision et nous devons la respecter. La liberté de notre corps qui nous donne le droit à l'avortement nous donne aussi le droit au non-avortement. On ne juge pas une femme qui a un seul foetus et qui décide de le mener à terme même s'il reçoit un diagnostique pré accouchement de trisomie ou autre handicap, ça doit être pareil pour une femme qui prend une chance de porter à terme huit foetus. Tu ne penses pas?
J'ai loupé un bout lol! J'ai écouté l'entrevue pourtant. Cette femme est actuellement enceinte de ces bébés ou ils sont nés? C'est une grossesse multiple 'naturelle' ou par insimination? Désolé je comprend pas tout ce qui s'est dit...Et avec quel argent elle les fait ou fera vivre tout ces bébés? Je demande pas ça pour juger, simplement pour savoir pcq ça me questionne, simple curiosité. Merci.
Tellement vrai... beau billet.:)
@ Lagrano: elle a accouché il y a environs deux semaines, tout les bébés semblent en bonne santé pour l'instant. C'est une grossesse par insémination, et elle a pris des hormones avant pour avoir une grossesse multiple (il me semble). Elle n'est pas mariée et n'a pas de conjoint, elle habite chez sa mère. Nous ne savons rien de leurs moyens financiers. Voilà pour la partie potins! ;)
@ Rhiannon: merci! :)
C'est un billet qui fait réfléchir merci pour cette belle prise de conscience face à l'humilité de la maternité :)
Et vive les coffres à jouets pèle-mèle !!
@ Popotte: un coffre à jouets en désordre nous donne une occasion d'apprendre à nos enfants à se ranger eux-même. Voilà! C'est parce qu'on est PLUS parfaites que les autres que nos coffres jouets sont bordéliques!! :P
Hahaha! Bien dit :D
C'est très particulier comme choix, mais c'est SON choix alors pourquoi pas?!
Merci des infos Valérie-Anne!
La principale personne qui a besoin d'être jugé dans cette histoire est le médecin qui l'a inséminé de 6 embryons... D'ailleurs il semble qu'il soit sous enquête, car c'est une pratique dangereuse tant pour la santé de la mère que celle des enfants. Imaginez, la plupart des médecins refusent d'inséminer avec plus que 3 embryons et encore, c'est controversé d'en utiliser "autant". C'est un peu comme en chirurgie plastique, une patiente a beau avoir des demandes, le médecin a le devoir de refuser si elles sont dangereuses et d'établir des limites... Dans des domaines où le patient paye comme la fertilité et l'esthétique, c'est peut-être tentant pour le médecin de dire oui pour effectuer l'opération et empocher l'argent, mais la santé et la sécurité devraient passer avant tout...
Ceci dit, je suis d'accord avec toi que savoir exactement comment ça serait être maman, beaucoup d'entre nous ne le seraient pas devenues. Et je déteste quand une mère qui se plaint d'un point quelconque se fait dire "t'as voulu avoir des enfants, assume!" car il y a plein de petits détails qu'on ne réalise qu'en les vivant, même si on se les est fait raconter avant...
@ Lagrano: de rien!
@ Lucie: c'est tellement difficile d'établir un code moral pour toutes ces percées scientifiques... C'est encore tout nouveau et ça touche beaucoup la sensibilité des gens. Je ne peux pas avancer d'arguments religieux parce que je ne suis pas croyante, en plus je m'y connais bien en biologie pour avoir étudié un peu là-dedans, et je sais que la logique va dans ton sens, pourtant, un embryon n'est pas qu'un amas de cellules. Quelque chose à l'intérieur de moi se révolte à l'idée de choisir un embryon plutôt qu'un autre. C'est un sujet trop délicat, et je suis heureuse de ne pas être de ceux qui légiféreront là-dessus à l'avenir...
Par contre tu as raison sur ton dernier paragraphe!! :P
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